• Fosters+Partners / Apple Cupertino Campus
  • Dorte Mandrup / Unesco
  • Remi Casado / La Crema y Nata
  • Printemps-Été 2018 / Chanel - Balmain - Valentino
  • Nitta Yoshiko
  • Studio OS&OOS
  • Staffan Holm / Reeded tables
  • Huge Design / General Electric
  • Nike Vapormax
  • Jasper Morrison / Good Thing - Soap
  • Antonio Facco & Giulio Capellini / Luce
  • Laura Lynn Jansen et Thomas Vailly / 101.86°
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Dorte Manrup Studio Staffan Holm Studio Projet 101.86°

Invisible visible

On veut tout voir, tout savoir. L’opacité n’a plus la cote chez de nombreux consommateurs, sociologues, citoyens, penseurs et créateurs qui se rassemblent autour de ce mantra devenu incontournable et universel : transparence, transparence, transparence… 

Clarté, pureté, légèreté, c’est à la fois une histoire de “vérité” et de “lumière”, que nous raconte cette tendance qui induit un univers d’objets irréels et de matières impalpables. Exprimée radicalement dans l’architecture du nouveau campus d’Apple à Cupertino — une cathédrale-ovni de parois de verre signée Foster+Partners, dont l’ultra transparence a déjà provoqué quelques malheureux accidents d’employés inattentifs stoppés brutalement dans leur marche par un mur invisible— elle traduit le plus souvent un goût affirmé des créateurs pour l’immatérialité d’un monde qu’on souhaiterait libéré de sa densité. Ainsi le projet sélectionné par l’UNESCO pour la mise en valeur d’un bunker allemand de la seconde guerre mondiale (site classé au Patrimoine Mondial) : proposé par l’architecte danoise Dorte Mandrup, le bâtiment est constitué d’une structure de verre qui vient englober sans le cacher l’ancien monument, à la manière d’une immense vitrine. 

À une autre échelle, le designer Rémi Casado a imaginé pour l’aménagement de la première boutique “La Crema y Nata”, située à Panama City, un concept de vitrines spectaculaires et poétiques en verre soufflé, qui mettent en valeur les créations très colorées du chef gastronomique Jose Saenz. Ces jeux de mises en lumières et de dévoilements sont également apparus sur les podiums des collections P/E 2018 dans des effets “plastique chic”, doublant les silhouettes dans un véritable exercice de style cool et réjouissant (Chanel, Balmain, Valentino).

Alors que certains designers souhaitent obtenir une transparence parfaite, d’autres semblent privilégier le mystère, l’illusion d’optique, les évocations du givre ou des voiles de soie… la translucidité. Naissent ainsi des créations aux reflets flous, dont la densité intermédiaire — entre matérialité et immatérialité — donne une place à l’imaginaire et à l’interprétation. Entre poésie, minimalisme et "chic-nature"  tout le champ du design est concerné : verres soufflés de Nitta Yoshiko, mobilier des studios OS&OOS ou Staffan Holm, lampes créées pour GE par Huge design, chaussures Vapormax de Nike, et même des savonnettes imaginées par Jasper Morrison pour la marque Good Thing.

Et lorsque la couleur s’en mêle, comme dans les tables LUCE éditées chez Cappelini ou le projet “101.86°” des designers  Laura Lynn Jansen et Thomas Vailly, l’invisible devient alors résolument visible.

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