• Gucci, défilé automne hiver 2018
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sequoia emmanuelle aa13 Christian Bianci

Quand le design flirte avec Lucifer

Le spectacle proposé par le défilé Gucci pour la présentation automne hiver 2018-2019 a fait défiler ce mois de février d’étranges personnages dans un contexte clinique. Le décor consistait en une salle d’opération avec des plafonds lumineux et des tables d’opération quand les accessoires présentaient tantôt des dragons, têtes coupées, masques mexicains, représentations sataniques… Un défilé entre chirurgie macabre, sorcellerie, satanisme, qui faisait suite à un défilé à Londres qui lui aussi scénographiait des inspirations occultes. C’était alors la collection de la designer turque Dilara Findikoglu, qui présentait dans l’église catholique St Andrews des costumes à connotation satanique portés sur une musique punk-rock lors de London fashion week. Là aussi, cornes et accessoires démoniaques naviguaient dans une décoration inspirée des cartes de tarot. Vision sombre donc qui diffuse aussi dans le graphisme avec l’exemple du Studio londonien OK-RM qui a conçu un livre dont le but est d'accompagner une exposition itinérante: Black Sun. Terme polysémique, Black Sun représente l'éclipse de la journée, mais il est aussi un symbole ésotérique ou occulte utilisé dans divers systèmes de croyances. Ainsi les designers graphiques ont travaillé une mise en page et un façonnage de l’objet exprimant les singularités de ce contenu. Dorure à chaud, choix de papier, narration, tous les ingrédients amènent une lecture cohérente articulée au centre du livre par un texte qui est ponctué par un ensemble de symboles ésotériques annonçant le début de chaque nouvelle phase du récit. Quant aux caractères choisis pour structurer le contenu, c’est une palette de typographies dessinée par Eric Gill et Jan Tschishold (conçue comme une grille proportionnée par le nombre d’or) qui a été retenue. Plus proche du tatouage, les illustrateurs Adrien Havet et Jessica Daubertes ont choisi depuis 2011 de travailler ensemble sous le nom : Førtifem. En puisant dans leurs influences mutuelles, ils se sont forgé une écriture marquée par des éléments de la culture tattoo, des gravures anciennes et de l’imagerie occulte. Mystérieux et énigmatiques, Førtifem s'appuie sur l’ésotérisme, ses mines de symboles et de mythes. Ils ont collaboré avec de nombreux groupes et labels (Throatruiner, Trendkill Records, Ulver, Alcest, Kickback, Regarde les Hommes Tomber, Carpenter Brut et bien d’autres…) et ne sont pas sans rappeler le travail de commissariat d’exposition réalisé régulièrement à la halle Saint Pierre par le collectif Hey, et plus régulièrement en publication dans la première revue d’art du même nom, consacrée à l’"outsider pop" et traite d’un paysage artistique peu ou non représenté en France. Un attrait pour les influences occultes qui questionnent les notions de beau, et davantage encore quand le répertoire est utilisé dans le monde la photographie de mode. Regardant par exemple les photographies d’Emmanuelle Sequoia qui marient les codes de la beauté lisse des magazines et les univers satanistes et occultes, on ne peut que se questionner sur les connivences entre le monde de l’art et du design et les manipulations associées au mythe de Lucifer.

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